Biographie du moniteur et histoire du kitesurf

1993-2026  33 ans de Kite pour Laurent Ness

Vous avez décidé d’apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron ? Ca tombe bien, vous y trouverez Laurent Ness et son école Kite Inside. Laurent fait parti des pionniers mondiaux qui ont initié le kitesurf. Le Kitesurf est une création collective qui doit beaucoup à de nombreux passionnés. Lire la fiche Wikipédia.


Laurent pionnier de l’enseignement du kite

Laurent a été le premier à enseigner le kite au monde. Il a ouvert sa première école de kitesurf au sein de son magasin/école Axel’Air localisé à Carnon près de Montpellier en 1997 avant de se déplacer pour enseigner le kitesurf sur l’ïle d’Oléron.


Mes premiers protos d'ailes non redécollables

  • 1993: Laurent et son premier delta fabrication maison

Ci-dessous une histoire synthétique de la contribution de Laurent à la naissance du kite (temps de lecture 2 mn).

Sous les 3 vidéos suivantes, vous trouverez l’interview de Laurent par Pascal Agussol avec moults détails historiques, photos et liens (temps de lecture 10 mn).


L'histoire du kitesurf Chapitre 1

L'histoire du kitesurf Chapitre 2

L'histoire du kitesurf Chapitre 3

L'histoire du kite chapitre 4 présentant de rares images des cerfs-volants géants de Laurent Ness

Laurent a développé en 1993 dans la région de Montpellier une pratique qu’il nommait alors le « surf à cerf-volant » puis « skite ».
Au titre de pionnier reconnu du kitesurf et de son enseignement dans le monde, Laurent figure sur la fiche Wikipedia du Kitesurf.

Apprendre le kitesurf sur l'ïle d'Oléron
1993 Le Grau du Roi, les premiers essais

Un chapitre de l’excellent livre de Bruno Legaignoux, co-inventeur français avec son frère Dominique des ailes à boudins redécollables détaille les contributions de Laurent à l’avènement du kitesurf. Ce livre aujourd’hui épuisé a été publié juste avant que Laurent décide de se déplacer sur l’ïle d’Oléron pour enseigner le kitesurf à des centaines de personnes enthousiastes.

Livre Kitesurf du rêve à la réalité


La première pédagogie du kite a été entièrement développée par Laurent en 1997.

Elle a rapidement essaimé dans toute l’Europe à travers la formation d’élèves venus des 4 coins du monde (Brésil, Italie, Espagne, Polynésie, Japon, Hollande, Allemagne, Angleterre, USA…).

Certains des premiers élèves sont devenus les premiers moniteurs de leur pays respectifs.

Depuis Laurent n’a de cesse d’innover dans la pédagogie et le matériel pour rendre le kitesurf plus accessible et plus sûr.

Les premiers cours de Kitesurf


Un travail de R&D  pour rendre le kitesurf plus accessible

Dès la fondation de Kite Inside en 2018, Laurent reprend son travail de recherche. Le projet est alors ambitieux: diminuer puis supprimer la phase de descente de vent en école dès les premières bords (navigations). Ce qui permettra d’apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron plus rapidement.

La plupart des autres moniteurs médusés alors par cet objectif ambitieux n’y croient pas un instant. Incapables de penser hors de la boite. Ils n’arrivent pas à se projeter dans ce nouveau paradigme. Pourtant l’avenir leur prouvera que c’est possible.



La biographie en détails avec l’interview par Pascal Agussol (temps de lecture 10 mn)

Pascal Agussol : peux-tu expliquer à ceux qui souhaitent apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron quelle est ta contribution à la naissance du kitesurf ?

Laurent: « Ma contribution au développement du kitesurf et du kitefoil commence en 1992 (et continue aujourd’hui). Je découvre par hasard le cerf-volant moderne sur l’Ile du Saulcy à Metz où j’étais expatrié pour une année universitaire. Après avoir vu ces magnifiques cerf-volants modernes, je me rue sur le magasin Neway local qui vend ces engins.

Je précise alors que je suis quelqu’un d’un tempérament passionné et qu’il faut me conseiller un bon produit. Je ne croyais pas si bien dire.  Cet achat allait totalement réorienter le cours de ma vie.
C’est avec un cerf-volant en forme de delta Paimpol Supertonic de 1,80 m d’envergure en fibre de verre que je sors du magasin. Ce cerf-volant sera trop lourd pour voler dans les vents légers, je m’en apercevrai plus tard 🙁 Je profite néanmoins des coups de vent qui précèdent les orages pour apprendre à l’arracher du sol et le faire voler.

C'est par là que tout à commencé

A la fin de l’été 1993 je rejoins ma compagne partie étudier à Montpellier. Et là tout se met rapidement en action. Le vent fort local me permet enfin de faire voler mon cerf-volant régulièrement. J’achète dans la foulée un cerf-volant delta Hypertonic (360 cm) beaucoup plus puissant avec lequel je me fais trainer sur les pieds en traversant toute la plage de l’Espiguette au Grau du Roi.

Jacques Herment a mis le feu aux poudres
Test du Diskyfun de Jacques Herment

Pascal Agussol: qui t’a donné l’idée de te faire tracter sur l’eau debout sur une planche ?

Laurent: La puissance de l’hyperto’ me donne l’idée après avoir testé le Diskyfun de Jacques Herment. Le Diskyfun était un engin rond qui ne pouvait pas remonter au vent faute de carres droites. Lors d’une discussion avec Jacques, j’ai donc dessiné sur la nappe en papier d’un restaurant la forme que j’imaginais plus adaptée à la navigation. Et ô surprise, je me rends subitement compte que j’étais en train de dessiner une planche de funboard. Or il m’en restait justement une de 2,70 m que j’avais construite en 1982 chez mes parents en Alsace. Je l’ai donc récupérée fissa.

Pascal Agussol: tu as fait tous les essais seuls ensuite ?

Laurent: Non, c’était l’effervescence alors, nous avons essayé de multiples  formes de glisses sous un cerf-volant à cette époque. Sami Sayeg m’a assisté pour mes premiers essais sur le spot de Plage-Nord à Port Camargue. Ce spot est aujourd’hui reconnu pour le kitesurf.

Philippe Germain qui s’y est brièvement intéressé mais à vite abandonné. Il y a eu aussi Eric Gaillard (RIP mon ami) mais il avait déménagé un peu trop loin pour que nous puissions partager nos expériences. Idem pour Eric Sauré éloigné à Perpignan. Mon ami Frank H. qui possède probablement la première planche de kitesurf shapée par un professionel (MGO) à Montpellier est parti à Paris pour bosser après ses études.

C’était une belle époque mais je n’avançais guère car trop isolé. Ca va plus vite quand on est motivé par la synergie d’un groupe ou la présence d’amis. Pour vous mettre des coups de pieds au cul ou pour proposer de nouvelles voies à explorer. J’ai été finalement le seul à persister car j’y croyais dur comme fer. Et j’imagine que c’est aussi un trait de caractère qui me définit, la ténacité.

Philippe Germain et nos protos
Ici mon pote d’alors Philippe Germain
Premier jibe (virage) pris en photo. Mars 1993.
1993 Plage du Boucanet au Grau du Roi, les premiers virages

Pascal Agussol: une question m’intrigue, comment faisais tu pour ne pas perdre ton matériel sur l’eau ?

Laurent: en ce qui concerne les cerf-volants delta, je bouchais les baguettes, l’air retenu prisonnier permettait de garder suffisamment de flottaison. Enfin ça c’est de la théorie puisque en 1995 j’ai perdu l’un de mes deltas qui a coulé à pic à Beauduc. Il est probablement encore là-bas quelque part sous le sable. Un archéologue le retrouvera peut-être dans quelques décennies ou quelques siècles. Avec les lignes et les poignées toujours attachées. Il se demandera peut-être à quoi pouvait bien servir cet étrange artefact surtout s’il n’en reste que le squelette en carbone 🙂

Apprendre le kitesurf à Oléron 30 après son apparition en méditerrannée
1993 premier (modeste) surf tracté par un cerf-volant

J’avais bricolé un système pour ne perdre la planche, observe bien sur la photo précédente. Le leash relie la planche aux lignes du cerf-volant. Ce système permettait de garder la planche devant soi en cas de chute. Cela permettait de repartir rapidement en waterstart. Vite supprimé car extrêmement dangereux quand la planche s’attrape dans un obstacle et que l’aile se met à tournoyer toute seule.

Evidemment, je n’imaginais pas un instant qu’un jour ces bricolages contribueraient à donner naissance à un véritable sport et encore moins que je proposerais un jour à des élèves d’apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron.

Pascal Agussol: de quoi vivais-tu alors ?

Laurent: En 1994, j’ouvre mon magasin de cerfs-volants Axel’Air (il sera baptisé 6 mois Imagin’Air avant de changer pour son nom actuel plus explicite). Parallèlement je fabrique mes propres cerf-volants deltas de traction et j’affine ma pratique sur l’eau du surf tracté que je baptise alors Skite. Un néologisme créé à partir de « Skurfer « et de « kite ». Le Skurfer était l’ancêtre du wake-board produit fin 1980.

Apprendre le kitesurf à Oléron
Le Skurfer Launch testé à l’époque
Apprendre le kitesurf à Oléron, c'est accessible à tous
En 1995 j’appelais ma pratique le « Skite »

Ci-dessus, le 3 ème prototype de planche réalisé par le shaper Philippe Allard en 1995. Le ballon préfigure la réalisation du Go-Joe d’Ocean Rodeo produit bien des années plus tard en version raffinée et aboutie. Mais l’idée était là. Cette idée visait à se passer d’un leash en créant de la dérive à la planche. L’astuce était d’augmenter la prise au vent de la planche pour lui éviter de rester dans le dos du kitesurfer.

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier du kite
Grands deltas de 450 à 490 cm conçus et fabriqués en 1994 par Laurent

Pascal Agussol: comment as-tu mis les techniques de navigation au point et la remontée au vent ?

Laurent: Entre 1994 et 1995, j’extrais progressivement de mes multiples essais la théorie de la navigation. Je griffonne en rentrant de mes sessions de tests.

A cette époque, venant d’une pratique de cerf-volant, je décris avec mes cerfs-volants des 8 horizontaux pendant que j’essaie de me maintenir en équilibre sur la planche. Le souci initial n’étant donc pas de remonter au vent mais simplement de rester en équilibre sur la planche. N’oublies pas aussi que les prototypes de planches étaient bien plus difficiles à utiliser que les planches contemporaines.

Mais je comprends progressivement qu’il faut utiliser mes deltas dans du vent plus soutenu.

Et je comprend un jour que le centre de fenêtre dans lequel je faisais évoluer mon aile s’avère en fait la zone de surpuissance dans laquelle il ne faut PAS faire passer le cerf-volant.

Il faut donc se « surtoiler » en prenant un cerf-volant de plus grande surface et le faire voler sur le bord de fenêtre uniquement. Ce nouveau paradigme ouvrira la porte à la remontée au vent.

Je développe alors une technique de décollage des deltas en bord de fenêtre. Qui me coûtera beaucoup de casses de baguettes en carbone…

Pascal Agussol: pendant les premières années tu descendais donc le vent et tu remontais à pied ?

Laurent: En effet, jusqu’en 1995 je ne savais pas qu’on pourrait remonter au vent. Mais c’est un jour de forte Tramontane que j’ai compris que mes deltas dotés de qualités aérodynamiques intéressante -une finesse importante- pouvait rendre possible la remontée au vent.

En 1995, j’avais alors réussi à formaliser la théorie de la remontée au vent. Je connaissais maintenant tous les facteurs nécessaires pour remonter au vent mais j’étais alors toujours trop isolé dans ma pratique comme évoqué plus haut. Je manquais un peu de stimulation. Surtout que le char à cerf-volant allait bientôt occuper pas mal de mon temps libre.

Pascal Agussol: effectivement si je me souviens bien tu as alors débuté le char à cerf-volant dans ces années-là ?

Laurent: Oui, c’est la rencontre avec Eric Gaillard qui m’a détourné de la navigation sur l’eau. Initialement la position assise du buggy ne m’attirait pas, mais après avoir testé cet engin avec lui  à la Franqui, je me suis fait littéralement happé par cette nouvelle glisse.
Contre toute attente, je me passionne donc pour le Kitebuggy en 1995 et je deviens le premier champion de France de la discipline en 1997.

Pascal Agussol: tu continuais à skiter/naviguer aussi en parallèle ?

Laurent: Oui, j’emmenais tout mon matos dans ma C15, mais moins souvent car ma compagne ne voulait plus me récupérer en voiture, du coup je perdais beaucoup de temps à revenir à mon point de départ à pied.

Je savais qu’on pouvait remonter au vent mais je n’y arrivais que rarement. J’avais bien quelques idées à tester qui me trottaient dans la tête mais j’avais vraiment besoin de rencontrer d’autres personnes pour me remotiver à continuer les recherches dans cette direction.

Parce-que descendre le vent j’en avais un peu assez. Surtout qu’en buggy on n’avait pas ce problème. On faisait de longues balades sur la plage de la Franqui, à l’Espiguette ou en Camargue entre Beauduc et les Saintes-Marie de la Mer.

Pascal Agussol: tu entends alors parler d’une autre personne qui naviguait aussi sous un cerf-volant …

Laurent: c’est par un pur hasard je découvre à la faveur d’une discussion avec le commercial des ailes de traction ITV que Manu Bertin situé à Hawaï joue aussi sur l’eau avec des planches de surf et des ailes à caissons ITV.

Je l’ai appelé dans l’idée de partager nos expériences mais je suis tombé sur son répondeur, il ne m’a hélas jamais rappelé. Je me suis dit que ça ne semblait pas trop l’intéresser mes bricolages, lui ancien champion de windsurf vivant dans la mecque du kitesurf, moi un quidam iconnu dans la glisse vivant à Montpellier. Les communications longues distances coûtaient un œil à cette époque et l’internet en était à ses balbutiements. Je n’ai donc pas insisté.

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier du kite et du buggy

Pascal Agussol: je t’ai vu naviguer à cette époque avec le Kiteski également, peux-tu nous expliquer comment tu as connu ce matériel ?

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier du kite
1995 Cory Roeseler en Kiteski

Laurent: je découvre en 1995 dans une édition du magazine de cerf-volant américain Kitelines (aujourd’hui éteint) le Kiteski fabriqué aux USA dans les Gorges de l’Orégon. Je commande illico une cassette vidéo que je reçois en format NTSC. Mon magnétoscope étant incapable de lire ce format inhabituel, je vais faire lire la vidéo dans le rayon produits vidéo de l’hypermarché Carrefour local. Le vendeur du rayon vidéo/télé découvre le contenu de la vidéo avec moi. Nous sommes tous les deux bluffés.

Je découvre que cet engin remonte au vent ! Dire que cela suscite chez moi de l’enthousiasme serait un euphémisme. Je suis littéralement scotché aux images.

Catherine
Catherine, première femme à avoir kitesurfé en 1994

Cette même année, ma compagne Catherine m’offre pour mon anniversaire un ensemble Kiteski composé d’une voile de 7 m d’envergure, sa barre à moulinet, le monoski et la paire de skis. Nous ne savions pas ce qui serait le plus facile. Je découvrirai plus tard que la paire de skis, c’était une mauvaise idée, quand tu as déchaussé après une chute tu te retrouves avec deux skis séparés qui flottent au gré du vent.

Avant d’enseigner le kitesurf sur l’île d’Oléron (et avant ça dans mon école  Axel’Air à Montpellier), j’ai tâtonné entre 1993 et 1997 pour transmettre mes compétences autour de moi. Je ne savais pas dans un premier temps par quoi commencer, ce qui fait que de nombreuses personnes comme Catherine n’ont pas persisté devant les difficultés.

J’étais hyper enthousiaste jusqu’à que le matériel arrive.

Le combo voile et grande barre s’avère finalement trop physique pour moi dans les vents locaux dominants (tramontane irrégulière et rafaleuse). Je me désintéresse rapidement de la voile qui ne me convainc pas. Mais je continue à utiliser le monoski qui avait de bonnes qualités de navigation. Je poursuis donc mes essais avec mes deltas plus faciles à mettre en œuvre et moins physiques, sachant que leur finesse contribuent à une assez bonne remontée au vent.

Pascal Agussol: qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres finalement pour stimuler la recherche ?

Laurent: en 1996 le Montpelliérain Raphaël Salles (ex champion de funboard et designer/boss de F-one) vient à ma rencontre pour que je lui apprenne le « surf à cerf-volant ».

Nous naviguions sur les même spots. Lui en planche à voile moi en surf tracté. Ca faisait des années qu’il observait de loin mes essais. Constatant l’évolution des quelques autres pionniers sur Hawai -notamment Manu Bertin- il sent qu’une nouvelle glisse a une chance d’éclore. Il sent le potentiel, il a eu le nez creux. Aujourd’hui F-one est une des marques mainstream du kitesurf en Europe.

Sa première question était: « est-ce que tu remontes au vent ? Il voyait tous les pionniers Hawaiens dont Manu Bertin descendre le vent et remonter dans la benne des gros pick-ups américains de ses potes.

Je lui réponds que je connais la théorie de la remontée au vent et que j’y arrive de temps en temps même si je n’y arrive pas dans toutes les conditions. J’avais à cette époque bien compris que la forme de la planche avait une importance cruciale. Ca tombe bien il shape ses planches F-One de Windsurf.
Nous nous donnons 6 mois pour trouver dans quelles conditions nous pouvons remonter au vent et faire le bilan sur l’avenir possible d’un sport grand public.

L’objectif aura été atteint en moins de 15 jours. Je n’oublierai pas cette première session de remontée au vent sur l’étang d’Ingril aux Aresquiers en compagnie d’un autre Emmanuel Bertin (pas celui d’Hawai). Le premier verrou saute, il est possible de revenir à son point de départ sans marcher ni prendre une voiture.

Ce spot à la plage ultra réduite connu des Héraultais ou Sylvain Hoceini a implanté son école Optimum Kite est connu pour bénéficier d’un bassin plat facilitant la navigation.

Le vent soufflait du Nord Ouest entre 12/14 nœuds, j’étais en voile à boudins Wipika 8,5 m en 2 lignes sur un surf sur lequel on avait rajouté des footstraps. Les conditions de vent étaient idéales car les premières voiles à boudins étaient doté d’une si mauvaises finesse qu’il était impossible de remonter au vent à moins de 12 noeuds et également impossible au-dessus de 14/15 noeuds. Mais ces voiles avaient une qualité importante, elles redécollaient.

Pascal Agussol: les voiles redécollent, tu remontes au vent, il ne reste plus qu’à fabriquer des planches adaptées alors, c’est ça ?

Laurent: oui, tout s’accélère début 1997 car la première série de 50 ailes Wipika est construite par Neil Pryde qui veut bien faire un essai pour Bruno Legaignoux. Ces voiles brevetées en 1984 par les frères Legaignoux ont fait sauter le second verrou qui pouvait freiner le développement d’une pratique grand public: le redécollage de l’aile immergée dans l’eau.

Il est dorénavant possible pour le grand public d’apprendre le kitesurf sans être obligé de rentrer à la nage dès le premier crash du cerf-volant. Je vends alors au sein de mon magasin Axel’Air la quasi-totalité de la première production d’ailes Wipika.

Mais il manquait toujours les planches.

Nous avions démontré avec Raphaël Salles qu’il était possible de remonter au vent et les voiles redécollaient. Il ne restait plus qu’à affiner tout ça et produire des planches spécifiques. Raphael dessine et produit la première F-one 215 directionnelle en s’inspirant d’un surf shapé par Eric Arakawa qu’il avait dans son garage. La 230 à mon goût moins inspirée sera sa déclinaison d’une version « slalom » d’une planche de windsurf.

A l’époque il y avait ces deux familles principales de pratique dans le windsurf, les vagues et le slalom. Raphael s’est inspiré de ces deux domaines pour décliner deux planches différentes.
Cette 230 (jaune) sera construire en single fin (un seul aileron) dans un premier temps mais l’appui colossal généré par la traction latérale des voiles utilisées nécessitera un second aileron puis finalement un troisième aileron sera rajouté pour ne pas partir en spin-out (décrochage de l’aileron).

Pascal Agussol: c’est à ce moment là que débutent les premières compétitions de Flysurf ?

Laurent: Grâce à l’internet émergeant, les premiers pionniers géographiquement éloignés commencent alors à échanger. Une première compétition est alors organisée au Cap Vert par Fred Gravoilles en 1997 et Red Bull sponsorise la première King of the Air en 1998 à Hawaï à laquelle je participe. Des occasions d’échanger sur nos expériences et sur le matériel. Mais mes résultats en compétition sont moyens et la compétition ne m’intéresse pas, je préfère de très loin l’enseignement.

En 1997 j’ouvre donc la première école mondiale de Kitesurf au sein de mon magasin Axel’Air. L’école et le magasin fermeront fin 2025 après 31 ans d’activité.

Avant de proposer à mes élèves d’apprendre chez Kite Inside le kitesurf sur l’ïle d’Oléron, j’ai donc débuté l’enseignement dans des conditions plus difficiles de vent rafaleux.

Les premières planches de série n’étaient pas encore disponibles, il faut composer avec les prototypes que j’ai sous la main. Les élèves viennent du monde entier apprendre le kitesurf avec moi, la rumeur d’un nouveau sport nautique hallucinant circule de plus en plus vite grâce au premier groupe Yahoo créé sur le web par Stéfano Rosso, un des mes élèves venu du Brésil.

Les autres écoles apparaitront les années suivantes et le kitesurf sera accueilli par la Fédération de Vol Libre (FFVL) en 1998. La FFV (Fédération Française de Voile) n’étant à l’époque pas intéressée.

Le magazine Wind fait sa couverture de Février 1997 avec Manu Bertin en Flysurf photographié d’hélicoptère. Les drones n’existaient pas encore.

L’article publié creuse les appétits, il donne vraiment envie. Cette publication créé une vraie rupture et lance le sport. Les médias généralistes emboitent rapidement le pas à Wind. Je me retrouve même dans un article dans Newlook à côté de photos d’élégantes jeunes dames effeuillées.

Apprendre le kitesurf avec Laurent, ça met de suite la banane
Élève venu de l’Ile de St Martin
Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier de l'enseignement du kite
Planche de Windsurf modifiée pour enseigner dans le petit temps en 1997
Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier de l'enseignement du kite
La F-one 215: première planche de kitesurf de série

1998 J’obtiens le premier diplôme fédéral reconnu par la FFVL et le ministère des sports. Je serai le premier diplômé doté de la spécificité activités nautiques cette année-là. C’est aussi l’année où seront commercialisées les premières planches de kitesurf du marché: Les F-one 215 et 230.

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier de l'enseignement du kite
Twin-tip développé pour l’école

Apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron avec Laurent c’est donc la garantie d’une très longue expérience pédagogique.

A partir de 1998, les médias s’entichent du Kitesurf baptisé « Flysurf » par Manu Bertin. Celui-ci pensait que le terme Kitesurf serait confondu par les français avec le sport « Sky surf » (surf en chute libre). Ce néologisme sonne hélas assez mal en anglais car le son « Fly » signifie aussi « mouche ». La connotation n’est pas très flatteuse.

Pascal Agussol: 1998, c’est l’emballement des médias pour ce nouveau sport ?

Laurent: effectivement à partir de 1998, les télés commencent à diffuser les premières images de kitesurf. Je suis rapidement sollicité pour mon expertise pédagogique par les magazines spécialisés et généralistes. Avant d’apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron à des centaines d’élèves enthousiastes, je transmettais donc mes compétences pédagogiques via les médias spécialisés. Il y avait à cette époque très peu d’écoles. Nombreux sont ceux qui apprenaient en lisant mes articles « pédago ». Pédagogie qui a bien changé depuis quand je regarde les photos ci-dessous !

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier de l'enseignement du kite

 

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier de l'enseignement du kite

Pascal Agussol: pourquoi finis-tu par vendre ton magasin et faire une pause kitesurf ?

Laurent: Je suis à l »époque sur tout les fronts. J’écris des articles, je fais des reportages, en 2000 j’organise le premier séjour kite et catamaran aux Grenadines. Le chiffre d’affaire du magasin explose, ma compagne Anne-Laure Pégon gagne le premier championnat du monde. Je dois recruter du personnel mais aussi m’occuper de l’école.

Parallèlement les magasins de windsurf perdent trop de clients qui se tournent vers le kite, de gré ou de force ils sont contraints de se mettre au kitesurf. Je me retrouve alors avec des concurrents agressifs qui me mettent sérieusement les bâtons dans les roues. Ils demandent à certains fournisseurs qui sont dorénavant fabricants de windsurf et de kitesurf de ne pas me livrer. En les menaçants de ne plus vendre leur matériel de kitesurf.

N’étant pas un requin dans le business, je vis cette pression assez difficilement. Je fini en burn-out.

Fatigué après ce burn-out non diagnostiqué à l’époque, je décide de me retirer du milieu du kite et je cède mon magasin en 2004.  Et je reviens alors à mes premiers amours, le vélo.

Pascal Agussol: le kitesurf ne va pas te manquer ?

Laurent: en effet, j’ai vite rebondi finalement car j’ai créé un magasin de vélos spécialisé dans les vélos de ville et de randonnées. Bien avant que le vélo revienne à la mode. J’ai mis un peu le kitesurf en pause pendant 2 ou 3 ans. J’avais besoin de mettre un peu de distance avec un milieu qui avait contribué à abimer ma santé.

Mais en 2008, le  kitefoil naissant croise mon chemin et je replonge la tête la première dans le kite. L’addiction sera à nouveau redoutable. Je retourne avec bonheur dans cet univers de glisse marine que j’adore et qui finalement commençait à me manquer un peu trop.

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier du kitefoil

Pascal Agussol: finalement tu vas réussir à mixer tes deux passions, le vélo et le kite…

Laurent: à cette époque je n’avais plus de voiture et je me déplaçais uniquement en vélo. J’allais sur les plages de Palavas avec mon trike (vélo couché à 3 roues) équipé d’une remorque.

En 2010, je propose à ma compagne qui  souhaite apprendre le kite de partir en trike avec du matos de kitesurf et de kitefoil pour découvrir la façade Atlantique en partant de Bayonne. Nous découvrons d’ailleurs l’île d’Oléron à cette occasion.

L’été suivant (2011) nous remettons le couvert entre St-Gilles-Croix-de-Vie et la presqu’ile de Crozon.

Apprendre le kitesurf à Oléron avec Laurent pionnier du kite
Randonnée trike + kitefoil

Je déménage en Savoie en 2012 pour rejoindre ma nouvelle compagne. Mon fils Léonard naitra en 2013. Cela m’éloigne des plans d’eau mais l’idée d’ouvrir une école de foil me trotte dans la tête depuis 2008. Je navigue de temps en temps sur le lac du Bourget mais les aléas météos et le temps nécessaire pour rejoindre le spot me découragerons rapidement.

Du coup j’apprends le parapente pour ne pas quitter l’aérien. Mais quand mon fils naitra, je manquerais de temps pour ces loisirs trop chronophages que je vais mettre entre guillemets.

En 2018, mon fils a 5 ans, il est suffisamment grand et notre lien suffisamment solide pour qu’il puisse composer avec un éloignement saisonnier de son père.

Je décide alors de créer une nouvelle école de Kitesurf qui sera baptisée Kite Inside. Je choisis de la localiser sur la façade Atlantique où le vent est plus régulier et moins fort qu’en Méditerranée.

Ceux qui souhaitent apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron pourront ainsi suivre des cours particuliers ou en duo avec moi.

Une école de cours particuliers et semi-particuliers de Kitesurf et de Kitefoil qui sera localisée à Oléron.

Léonard est d’ailleurs assez grand pour commencer à apprendre l’aile de traction avec son papa…

Apprendre le kitesurf à Oléron avec son papa Laurent pionnier de l'enseignement du kite
Léonard  5 ans

A partir de 2018 je mets à profit les saisons creuses pour dessiner de nouvelles planches qui seront introduites dans l’école pour faciliter l’apprentissage. Le travail de recherche est relancé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous avez peut-être choisi maintenant dans quelle école vous allez apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron, mais ne trouvez pas toutes les informations sur ce site, vous pouvez aussi joindre l’école par téléphone.

Le moniteur étant aussi le directeur de l’école de Kitesurf à Oléron Inside, il exerce aussi les fonctions de comptable et de secrétaire, il ne pourra donc pas vous répondre en journée pendant qu’il enseigne. Il se consacre alors totalement à ses cours.
Néanmoins il vous rappellera le plus vite possible en soirée après 20 h ou plus rarement en matinée. En effet les cours débutent souvent tôt pour profiter du vent thermique matinal de direction Sud-Est.

Si vous aimeriez apprendre le kitesurf sur l’île d’Oléron avec Laurent mais que vous êtes trop loin d’Oléron (pour l’instant) vous pouvez consulter la page des écoles labelisées EFK par la fédération de vol libre pour débuter dans une autre école.

Les différentes pages de ce site vous permettent de trouver l’intégralité des informations concernant l’apprentissage du kitesurf sur Oléron avec Kite Inside.

Les plus et les spécificités de l’école sont accessibles à partir de cette rubrique.

Les informations concernant les cours et leur organisation sont décrites sur ces différentes pages.

Laurent a également rédigé les tutos essentiels concernant son enseignement. Ils constituent un outil pratique pour réviser entre les sessions de cours.

Laurent vous propose une description des principaux spots de kitesurf qu’il utilise sur le nord de l’île d’Oléron pour donner les cours de kitesurf . La page Météo vous permet également de préparer votre bilan météo pour choisir le meilleur spot pour les conditions du jour.

 

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