R&D

Objectif R&D : remonter le vent en école dès les premiers bords dans toutes les conditions de vent

Mes premières recherches 1998 / 2001

A cette époque, les performances médiocres des voiles ont fortement limité les progrès réalisés sur les planches réalisées que je vais vous présenter. Les voiles manquaient beaucoup de finesse mais je n’ai pas oublié les gains obtenus sur chaque proto.

Cette board fine de 210 x 39 cm avait permi à un gabarit de 60 kg de remonter au vent facilement dans un vent léger et stable de 12/14 noeuds à Beauduc.

Cette board orange de 215 cm fabriquée par Kakoo en 2001 avait un scoop plat avec une rupture en V afin de bien sortir les ailerons ( 12 cm) à l’avant . Elle avait de l’épaisseur. C’était un engin efficace mais il fallait changer de pied à chaque bord en se déplaçant sur la board. Et cette planche manquait de souplesse dans le clapot.


Consulter le planning


 

L’état de l’art chez Kite Inside en 2018

  • sous 15 nœuds, seuls remontent au vent les gabarits légers (40/50 kg) sur les plus grands twint-tips du marché (170 x 50 cm)
  • au dessus de 15 nœuds les gabarits moyens commencent à remonter au vent sur ces twin-tips,
  • les gabarits (débutants bien-sûr) de + de 90 kg ne remontent jamais sur ces twin-tips,
  • la hauteur du point de traction sur le harnais est conditionnée par la forme culotte mais il pourrait être modifié,
  • les débutants ne peuvent gérer aisément le bordé-choqué en plus du pilotage différentiel sur « l’axe de virage » de la voile,
  • la voile à caissons Kitech FRS 12 m a facilité les premiers bords de gabarits moyens malgré la taille un peu juste des flotteurs de série.

Les facteurs sur lesquels travailler

La planche
Juillet 2018: La Flysurfer Razor de 165 x 65 cm introduite en école s’est révélée trop large et les appuis trop changeants lorsque la vitesse augmente. L’explication étant liée à la distribution et la répartition des plans anti-dérive. Pour mieux comprendre la théorie des plans anti-dérive que j’ai développée pour mes planches actuelles, reportez vous au forum Kite pedagogie 2.0 pour remonter au vent.

Waterstart en Razor facile avec un gabarit de 90 kg

Suite à tout ces essais,  je conclue qu’il faut développer une planche:

  1. dotée d’une excellente glisse nécessitant peu d’énergie en bord de fenêtre,
  2. avec plus de surface que les twins-tips existants,
  3. avec un ratio important (longueur/largeur) un peu supérieur à ce qui se fait sur le marché.

Après le test du Tiki de Sergio  j’ai été convaincu par la direction à prendre. Le ratio de la surface de glisse se rapprochera donc de celui de la surface de glisse d’un tiki (aussi appelé Alaia).

Tiki Takoon 215 vs Razor 165 cm

Septembre 2018: Il ne reste plus qu’à étudier le scoop (forme de la carène). Je penche pour le scoop le plus plat possible avec une spatule marquée qui remonte au dernier moment. Et tant qu’à faire une spatule de chaque côté autant en faire un twin-tip pour éviter le jibe trop technique pour les débutants (virage avec changement de position de pieds).

Voici l’outline typique « door » du proto 1 mais monté sans spatules. Sa surface est de 210 x 49 cm = 1 m2

 

Et voici ci-dessus le résultat sur l’eau. Vent très irrégulier au Boucanet / Grau du Roi. Le cap est impressionnant et ça passe très bien dans les molles (chutes passagères de vent). L’équilibre est facile à trouver au point de pouvoir faire des acrobaties inhabituelles pour un twin-tip à vitesse modérée.

 

Une fois le travail de répartition des plans anti-dérive, j’ai réalisé les spatules. J’ai également travaillé sur des essais de footstraps réglables instantanément sans outils.

Avril 2019: Un gros travail a été réalisé sur les plans anti-dérive permettant de conserver une position centrale unique. Il ne reste alors plus qu’à fabriquer un modèle définitif.

Juin 2019: la réalisation a été confiée à Willy Marion de Noremana éco-concepteur de planches situé en Bretagne.

Le résultat dépasse mes espérances. La planche est simple d’utilisation et très confortable même dans le clapot.

Une saison d’utilisation en école a permis de vérifier mes attentes. Cette planche réalisée dans des côtes réduites (188 x 53,5 cm) par rapport au prototype initial (210 x 50 cm) permet effectivement de remonter au vent dès que l’on maitrise le waterstart. Les premiers bords sont rapidement des bords de près.

Mais seulement si l’on pèse moins de 80/85 kg… Je m’en doutais car j’avais réduit un peu les côtes par rapport au prototype initial pour des raisons d’encombrement.

Un second modèle de 205 x 62 cm destiné aux gabarits de 80 à + de 100 kg va donc compléter la gamme des Easyboards de Kite Inside.



Les voiles et leur pilotage

  • les ailes à boudins : simplifier le pilotage en dissociant les 2 axes de pilotage (virage et bordé/choqué) dans une première phase. Le bordé/choqué doit être neutralisé afin que le pilote puisse tirer la barre au maximum en appui sur le bordé choqué en « pilotage sur l’axe de virage ». Lire l’article sur le surbordage ici. Ci-dessous un montage de butée réglable pour faire appui à la barre. La position de la butée dépend de la longueur des bras de l’élève. Plus les bras sont longs et plus haute sera la butée. Ainsi chaque apprenant aura un réglage idéal permettant d’avoir l’articulation bras/avant bras à un angle garantissant une posture idéale pour les apprentissages en cours.
    Ce système a été abandonné au profit d’un blocage « par le haut » en cours de test dans l’école. Merci Jean-Philippe de m’avoir soufflé cette idée.

 

  • les ailes à caissons: elles sont à privilégier dans la mesure du possible car comparativement aux ailes à boudins, elles génèrent plutôt leur puissance par leur déplacement et moins par le bordé/choqué. Le rendement global de ces ailes est également meilleur qu’une aile à boudin de par la présence de l’intrados notamment (qui diminue la trainée de l’aile). Ces deux points caractéristiques des voiles à caissons contribuent ainsi à une meilleure remontée au vent dans les phases d’apprentissage.

Stabilité zénithale pour ne pas perdre de temps lors du waterstart

Utiliser des voiles à caissons de préférence pour leur meilleure stabilité zénithale. En effet, les voiles à caissons sont moins sensibles au relâchement de la barre et sont plus lentes à déclencher un virage. Ce dernier point est un défaut en freestyle mais ce défaut s’avère une qualité pour les débutants.

Kitech FRS 9 m, une aile douce et tolérante

Facilité de redécollage de l’aile en cas de crash
Il faut privilégier les voiles à caissons sous les 15 nœuds. Les commentaires de nos stagiaires en cours particuliers à partir de la saison 2018 sont très probants. Une fois les a-prioris tombés, les élèves préfèrent le redécollage aisé de l’aile à caisson choisie pour l’école (Kitech FRS) . D’autres fabricants s’insèrent progressivement dans le créneau des ailes à caissons à ratio modéré. Espérons qu’elles apporteront de nouvelles évolutions facilitant l’apprentissage.


Diminuer l’écart de puissance entre zone centrale et bord de fenêtre
Utiliser des voiles à caissons qui génèrent leur puissance en vent relatif en bord de fenêtre (nous comparerons les Kitech FRS, les Concept’Air Wave et Firefly.)


La position du point de traction du harnais
Remonter légèrement le point de traction au niveau de la position d’un harnais dorsal afin de diminuer la puissance nécessaire pour se lever et éviter de perdre la carre par un excès de puissance.


Longueur de fils
L’idéal serait de trouver un système pour changement rapide de longueur de fils en école sans changer de barre. En attendant de trouver le mouton à 5 pattes, nous introduisons progressivement le Kitecleat qui permet de gagner du temps lorsque l’on change de barre.


Cette recherche est menée dans un esprit Open Source

Si vous êtes intéressé par ce travail de R&D, tout est retranscrit sur le forum Kitepedagogie 2.0. Visitez, commentez et surtout participez !

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