Faciliter son apprentissage avec l’utilisation de lignes courtes
Tuto destiné : à tout ceux qui choisissent leur école ou ont des difficultés dans la phase d’apprentissage du waterstart, en particulier en aile à boudins.
Lexique
border : tirer la barre vers soi pour augmenter la puissance de l’aile,
zone d’extraction : zone d’extraction en forme d’œuf dans laquelle je dois faire passer ma voile pour me faire extraire en douceur de l’eau,
vent réel : le vent qui souffle sur le kite immobile dans le ciel avec le pilote immobile au sol ou couché dans l’eau.
vent relatif: composition entre le vent réel et le vent créé par le déplacement du kite dans la masse d’air. définition Wikipédia
La technique classique pour réaliser le waterstart
Avec le standard de lignes de 24 m faire passer correctement l’aile dans la « zone d’extraction » n’est pas aisé. La manipulation consiste à faire raser l’aile près du bord de fenêtre mais sans l’y faire trop rentrer. Il y a une zone d’extraction idéale qui permet de se lever mais sans se faire éjecter.
- si je passe trop près de la zone centrale de puissance, je me fais éjecter,
- si je m’agrippe à la barre quand la voile passe dans la zone d’extraction, je me fais aussi éjecter 🙁
- lors de la tentative suivante, je n’oserai probablement plus descendre l’aile et je vais donc manquer de puissance pour me lever sur la planche
Résultat ? Je réussi (ou pas) 1 ou 2 waterstarts sur 10 tentatives et je m’épuise très rapidement. La fatigue va vite s’installer et je risque d’être de moins en moins précis dans mon pilotage.
Je risque de regretter d’avoir choisi une école de kite qui n’a pas intégré l’enseignement en lignes courtes dans sa pédagogie.
Comment l’usage de lignes courtes me facilite la vie ?
Examinons ces deux croquis pour comprendre la différence entre les deux configurations.

Configuration en lignes de 24 m pour un waterstart réussi vers la gauche (fig.1)
- je déplace/prépare ma voile à droite du zénith vers 12h30 (10° du zénith),
- je tire la main gauche pour faire pivoter ma voile à gauche et la faire traverser la zone d’extraction,
- si je sens que je manque de puissance pour me faire soulever, je dois éventuellement tirer ma barre légèrement mais pas trop pour augmenter la puissance de l’aile,
- pendant que l’aile commence à me soulever j’anticipe de suite la remontée de l’aile à la verticale pour éviter qu’elle ne crashe à l’eau.
En cas de manque de précision dans mon pilotage, voici ce qui risque de se passer:
- si je fais virer ma voile un peu trop fort (« faux ++ » sur le croquis), je vais passer dans la zone de surpuissance et me faire éjecter,
- si je borde (tire) trop sur ma barre, je vais aussi me faire éjecter,
- si je persiste à tirer ma barre lorsque la voile descend, ma voile va faire un looping en pleine zone de surpuissance et m’éjecter (trajectoire de la voile verte)
- si je ne fais pas pivoter assez ma voile (« faux –« sur le croquis), je vais passer au dessus de la zone d’extraction et manquer de puissance pour me faire soulever.
Sachant qu’en plus de la bonne trajectoire de l’aile, je dois aussi border correctement l’aile en même temps, ce n’est pas une mince affaire.
Configuration en lignes de 12 m (fig.2)

Dans la configuration de lignes courtes qui diminue la puissance de l’aile, je choisis une voile d’une taille supérieure. Je prends par exemple une 12 au lieu d’une 10 m2.
A savoir : plus une aile est grande, plus son diamètre de looping sera grand. En d’autre termes, si on réduit excessivement les longueurs de ligne avec un très grande aile (5 m de lignes avec une aile de 12m2, l’aile ne peut plus faire une kiteloop (looping). Que ce soit volontaire ou par erreur. Il n’y a plus assez de place pour faire la rotation tout simplement.
Si je tire la main gauche et fais virer ma voile en bordant trop fort, cette fois je passe obligatoirement dans l’œuf mais sans risquer de passer dans la zone de surpuissance. Si malgré tout je persiste dans la rotation ou me trompe et ne redresse pas l’aile, la trajectoire (voile verte ici) va au pire aboutir avec l’aile à l’eau.
Il faudra parfois partir avec l’aile située un peu plus à droite vers 13h ou 13h30 pour pouvoir pivoter et plonger dans l’œuf, voici la procédure détaillée:
- je déplace ma voile à droite du zénith vers 13h / 13h30,
- je tire franchement la main gauche pour faire pivoter ma voile à gauche et plonger dans le centre de la zone d’extraction en forme d’ œuf rouge.
- si je sens que je manque de puissance pour me faire soulever, je borde un peu plus pour augmenter la puissance de l’aile (mais comme j’ai une aile plus grande, ça ne devrait pas être nécessaire),
- pendant que l’aile commence à me soulever j’anticipe de suite la remontée de l’aile à la verticale, ce qui me permettra d’esquisser ma première sinusoïde pour me lancer.
Une fois debout sur ma planche, je continue à décrire mes sinusoïdes en les applatissant au fur et à mesure que ma board accélère. Alors le vent apparent créé par mon déplacement sera suffisant pour stabiliser l’aile en bord de fenêtre. C’est ce cercle vertueux que nous cherchons à établir et permet de synchroniser la vitesse de déplacement de l’aile avec celle de ma planche.
Attention; cette technique de lignes courtes nécessite une planche de plus grande surface
Pour se lancer facilement avec des lignes plus courtes, il faut utiliser une planche dotée d’une portance plus importante. Une planche plus grande restera à fleur d’eau et glissera lentement sans s’enfoncer et freiner sa vitesse. Elle permettra d’enclencher le cercle vertueux décrit ci-dessus. Elle nécessitera moins de puissance / traction dans les lignes pour accélérer qu’une petite planche qui coule et/ou traine de l’eau et ne pourra pas accélérer. Il sera donc possible de la faire accélérer malgré un pilotage imparfait. La moindre erreur de pilotage étant punitive sur une planche plus petite et enclenchera le cercle vicieux de la perte de vitesse de la board->perte de vent relatif du kite= perte de puissance-> perte de vitesse de la planche. Et ce jusqu’à la perte d’équilibre par manque de vitesse de la planche.
Les planches Easyboard développées et utilisées par Kite Inside sont parfaitement adaptées à l’apprentissage en fils courts. Si vous réduisez les longueurs de fils mais persistez à utiliser une planche dotée d’une surface trop faible, cette technique risque de ne pas fonctionner, en particulier dans le petit temps.
Attention : les longueurs indiquées de 12 m de lignes sont une indication approximative, elles varient selon les ailes. Plus les ailes sont grandes, plus les lignes devront être longues. Laurent utilise actuellement des lignes de :
– 12 m en Airush Ultra 3 ou One 10 m2
– 12 à 14,5 m en Airush Ultra 3 ou One 12 m2
– 14,5 à 17 m pour les plus grandes tailles d’ailes
Et le vent léger sous 10 noeuds ?
En vent léger Laurent enseigne en aile à caissons en lignes de 24 à 28 m, mais ces ailes n’ont justement pas cette tendance à serrer de trop leur virage et elles sortent les élèves en douceur lors du waterstart.
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