Mes premiers waterstarts

Mes premiers waterstarts et les deux problèmes classiques associés

Mise en garde

Cette technique est particulièrement adaptée pour un vent < 15/18 nœuds. Au-delà de cette force de vent, les repères sont différents. Plus le vent souffle fort, plus on choisit une aile petite or les petites ailes sont plus rapides et plus vives. Le temps disponible pour réaliser le waterstart se réduit comme peau de chagrin. Je vous encourage à ne pas débuter au-delà de 20 nœuds car la moindre erreur est alors punitive, vous risqueriez de vous dégoûter ou de vous faire de belles frousses.


Lexique

Abattre : modifier l’orientation de la planche pour qu’elle descende plus dans le sens du vent

Loffer : modifier l’orientation de la planche pour qu’elle remonte plus contre le vent

Allure de largue: je descends le vent et je perds du terrain par rapport à la perpendiculaire au vent (allure dite « de travers »).

Allure de près : je gagne du terrain par rapport à la perpendiculaire au vent (je n’aurais pas besoin de marcher pour remonter à mon point de départ 🙂

Prendre de la carre : enfoncer la carre pour que la planche morde dans l’eau et prenne de la vitesse en opposant de la résistance à l’aile.

La phase consistant à enfiler mes straps a été décrite dans un précédent tuto. Je suis donc maintenant assis dans l’eau avec mes pieds enfilés dans les footstraps et ma planche est positionnée travers au vent. Je garde un équilibre stable. Il ne me reste plus qu’à me faire extraire de l’eau pour pouvoir entamer mon premier bord.


Voici les 10 micro-étapes intermédiaires pour me faire extraire de l’eau et débuter mon premier bord:

  1. je repère le sens du vent pour pouvoir me situer d’après la direction du vent,
  2. j’oriente ma planche en lui donnant 10 à 20 ° d’angle sous le vent (planche positionnée au largue)
  3. je positionne l’aile 10 ° en arrière du zénith en la faisant glisser par le bord de ka fenêtre sans me faire soulever,
  4. je borde correctement l’aile mais sans la surborder,
  5. je tire la main avant pour faire plonger mon aile dans la zone d‘extraction,
  6. je plie mes genoux de manière à ramener mes fesses le plus proche possible de la planche,
  7. je penche mes épaules en avant en regardant l’horizon (je quitte le kite des yeux pendant un court instant),
  8. je déplie progressivement mes genoux quand mon bassin commence à être situé au-dessus de la planche,
  9. je réparti mes deux appuis entre l’avant et l’arrière de façon à maintenir la planche dans sa trajectoire (jambe avant légèrement tendue, genoux arrière rentré vers l’intérieur),
  10. j’appuie sur mes talons pour transmettre progressivement la puissance de mon aile à ma board via la prise de carre.

Une fois que tout ça est fait l’aile est probablement sortie de la zone d’extraction. Si je n’ai pas pris de puissance, alors je vais retomber sur mon dos. Je dois donc penser à remonter la voile rapidement pour entamer le début de la sinusoïde afin de créer de la puissance. Je prends garde à ne pas faire passer l’aile dans la demi fenêtre arrière.
Je ne dirige pas l’aile plus qu’à la verticale lors de cette première ressource sinon elle va partir dans la demi fenêtre arrière et m’entrainer subitement au largue.

Quand on lit cet amoncellement de compétences qu’il faut enchainer dans un très court laps de temps, on comprend que le waterstart constitue l’obstacle qui bloque le plus de personnes. La waterstart est le moment où toutes les compétences apprises auparavant à terre vont devoir être exécutées presque simultanément. En une ou deux secondes, les compétences acquises auparavant vont devoir être toutes réunies.

Si les exercices réalisés à terre n’ont pas été bien acquis, le waterstart va être difficile à réaliser.


Les 2 erreurs principales: je manque de puissance pour sortir de l’eau (erreur 1) ou je me fais éjecter au-dessus de la planche (erreur 2).

Erreur 1 : je manque de puissance pour sortir de l’eau

Dans 80 % de ces cas, mon aile  ne passe pas au centre de l’œuf d’extraction mais au dessus. Dans les 20 % de cas restant, l’aile est simplement trop peu puissante et/ou j’ai oublié de la border pour lui donner de la puissance.

Comment corriger cette erreur ?

  •  Bien me situer par rapport à la direction du vent. Je repère le sens du vent en laissant monter ma voile au zénith, la latte centrale de l’aile indique alors la direction du vent.
  • Je prépare les positions de ma voile et de ma planche. Je décale ma voile légèrement dans la ½ fenêtre arrière d’une ½ h (soit 10°). Je fais simultanément abattre ma planche en poussant sur la jambe avant pour la mettre 20° au largue. Je suis prêt. Je refais plonger l’aile dans l’œuf d’extraction.

Si je suis assez toilé (toilé = ma voile est assez puissante pour le vent du moment) et que ça ne marche toujours pas, il y a de fortes chances que ma planche soit mal orientée par rapport au vent. J’essaye probablement de partir au près car j’ai négligé de vérifier l’orientation précise du vent. Ou j’ai fait ripper ma planche au près pendant le waterstart en appuyant trop fort sur la jambe arrière.

Attention : entre chaque tentative, je dois absolument me replacer correctement, rien ne sert d’essayer à tout prix, car si je suis mal placé, ça ne marchera pas et je gaspillerai vite mes forces. Forces qu’il faut économiser pour la suite. Car le waterstart est une phase vraiment énergivore.

Je recommence, ahhhh ça fonctionne enfin ! Je me fais soulever … mais je retombe sur le dos 🙁

Que se passe-t-il ?
C’est peut-être un problème de posture pendant la phase d’extraction de l’eau. Si je me déploie trop vite en écartant trop mon centre de gravité de l’aplomb de la carre talon je vais retomber sur la dos.

 Voilà comment résoudre cette phase

Considérons que mon centre de gravité (CdG) se trouve au niveau de mon nombril. Lorsque je mets ma voile en mouvement et qu’elle commence à tracter, je redresse mon dos à la verticale puis je plie bien mes genoux pour rapprocher mes fesses contre mes mollets (Image 2 et 3) Ainsi la distance entre mon CdG et la planche réduit demandera moins de puissance pour m’extraire de l’eau.

 Je ne compte pas que sur mon aile pour me lever mais je me déplie verticalement à la force de mes cuisses. Lors des waterstarts, l’aile m’aide à rapprocher mon CdG du bord de la planche et en partie à me lever mais la traction de l’aile ne fait pas tout. Le travail de dépliage vertical se fera à la force des cuisses (Image 3). Si je compte sur l’aile pour me soulever totalement, je vais devoir chercher trop de puissance et une fois debout, je risque de me faire éjecter de l’autre côté de la board. Dans ce cas je me retrouve dans le second symptôme qui est l’éjection au-dessus de la board.


Erreur 2 : je me fais éjecter au dessus de la planche

Si je me fais éjecter c’est que la voile a trop de puissance par rapport à ma capacité à contrebalancer cette force de traction en m’appuyant dans mon harnais.

Il y a 3 raisons principales à cet excès de puissance :

  1. Je me suis levé en force les jambes tendues (voir paragraphes précédents pour corriger la situation)
  2. Ou j’ai fait passé l’aile trop bas dans la fenêtre et j’ai donc généré trop de puissance horizontale et pas assez de traction vers le haut,
  3. Ou j’ai trop bordé, peut-être en m’agrippant sur la barre pour me hisser debout (lire tuto pour éviter le surbordage)

ll n’est pas facile de combiner le mouvement consistant à border et réaliser un passage précis dans la zone d’extraction. C’est pour cela que Kite Inside a élaboré une technique dite de « lignes courtes » pour simplifier mon waterstart (voir tuto ad hoc).

 


Pour mieux visualiser nous allons examiner une séquence photos en vent léger (12/13 nœuds)

Image 1 : erreur de préparation, mon corps est trop à gauche alors que je comptais faire un waterstart pour partir justement à bâbord (gauche). Image 2 : j’ai corrigé l’angle de la planche et la position de mon corps pour un départ bâbord, ma barre n’est pas surbordée, ma voile commence à se rapprocher de la zone d’extraction en me tractant, j’en profite pour plier les genoux et ramener mes fesses le plus près possible de la planche,

Image 3 : ma voile passe maintenant dans la zone d’extraction, mes genoux restent bien pliés et mon buste se redresse à la verticale, je regarde l’horizon pour garder la tête verticale et ne pas me pencher en arrière,Image 4 : en me levant, j’ai simultanément tiré ma main arrière pour éviter à mon aile de descendre trop bas et commencé à entamer la première sinusoïde. Mais ma planche était positionnée trop au largue, ce qui fait que ma voile se retrouve dans l’axe de ma board, induisant un équilibre précaire difficile à gérer. En effet, mon aile doit tirer « latéralement » sinon il me sera difficile de m’appuyer dans le harnais et faire mordre ma carre pour utiliser l’énergie de l’aile et prendre de la vitesse. Heureusement la planche Easyboard (205 x 52 cm) développée par Laurent me permet de ne pas m’enfoncer et chuter malgré cette erreur momentanée de cap (cap = orientation de ma planche),

Image 5 : j’appuie bien sur mes talons pour modifier la trajectoire de ma board qui commence alors à loffer. Il devient alors possible de m’appuyer dans mon harnais et transmettre la force de l’aile à ma board via la pression de mes jambes qui appuient fermement sur la carre.Image 6 : je commence à m’asseoir dans mon harnais tout en gardant mes jambes pliées pour pouvoir modifier mes appuis au cas où je serais mal équilibré, je dessine une sinusoïde avec mon aile pour lui éviter d’aller mourir à l’avant de la fenêtre alors que je n’ai pas encore pris de vitesse, je refais plonger mon aile quand elle est arrivée à 70 ° environ

Image 7 : lors de la remontée de l’aile je perds de la puissance, je n’ai plus assez de traction pour rester en appui dans mon harnais et je me redresse donc, il faut que j’évite de monter l’aile au-delà de 70°,Image 8 : après une ou deux sinusoïdes supplémentaires (il faut ça car le vent est léger et je suis ici en 12m2), la traction de l’aile m’a permis de faire accélérer ma planche en créant du vent relatif donc de la puissance, je m’appuie alors franchement sur ma carre (on peut voir la gerbe se former), je garde mon dos redressé, ma voile commence à se caler en volant à la même vitesse que le déplacement de ma planche. Notez que si je voulais avoir un meilleur équilibre pour passer le clapot (très réduit ici), je devrais remonter un peu ma voile qui vole actuellement 20° trop bas.

 

N’ayez pas peur de vous mouiller, commentez 🙂

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