Waterstart: deux erreurs majeures

Waterstart : je manque de puissance ou me fais éjecter

Une fois la planche chaussée, les deux échecs classiques sont :

  • impossibilité de sortir de l’eau,
  • éjection au-dessus de la planche.

Nous allons essayer de comprendre ensemble comment éviter ces deux situations.

Lexique

Abattre : tourner en descendant dans le sens du vent, le contraire de loffer

Loffer: le contraire d’abattre 🙂

Border : tirer la barre pour augmenter l’incidence de l’aile (et sa puissance)

Œuf d’extraction : zone en forme d’œuf dans laquelle doit passer l’aile lors du waterstart

 

Je n’arrive pas à me faire soulever

Dans 50 % de ces cas, mon aile  ne passe pas au centre de l’oeuf d’extraction qui indique la bonne trajectoire pour l’aile mais au dessus ou en dessous. Si je manque de puissance je vais faire attention à correctement orienter ma planche par rapport au vent et si nécessaire descendre ma voile un peu plus bas. Un peu plus bas sur le croquis c’est 20° plus bas, ce n’est pas traverser la fenêtre de part en part en passance dans la zone interdite…

Comment éviter de répéter cette erreur ?

Dans un premier temps, je dois bien repérer le sens du vent en laissant monter ma voile au zénith parfait, la latte centrale de l’aile indiquera alors la direction du vent. Je décale alors ma voile légèrement dans la ½ fenêtre arrière d’une ½ h. Je fais alors abattre ma planche pour la mettre 10 à 20° au largue. Je refais le plongeon de l’aile dans l’œuf d’extraction sans oublier que je devrais immédiatement remonter l’aile pour l’empêcher de crasher. Ce qui entamera ma première sinusoïde.Si je suis assez toilé (ma voile est assez puissante) et que ça ne marche toujours pas, il y a de fortes chances que ma planche soit mal orientée par rapport au vent. J’essaye probablement de partir au près car j’ai négligé de vérifier l’orientation précise du vent.

Je recommence, je me fais soulever mais je retombe sur le dos. C’est peut-être un problème de posture pendant la phase d’extraction de l’eau. Si je me déploie trop vite j’écarte mon centre de gravité de trop et la voile manque de puissance pour me garder en équilibre.

Voilà comment faire…

Considérons que le centre de gravité (CdG) se trouve au niveau de mon nombril. Lorsque je mets ma voile en mouvement et qu’elle commence à tracter, je redresse mon dos à la verticale puis plie bien mes genoux pour rapprocher mes fesses contre mes mollets (Image 2 et 3) Ainsi la distance entre mon CdG et la planche réduit demandera moins de puissance pour m’extraire de l’eau.

Je ne compte pas que sur mon aile pour me lever mais me déplie verticalement à la force de mes cuisses. Lors des premiers waterstarts, l’aile m’aide à rapprocher mon CdG du bord de la planche. La traction générée par l’aile m’aide en partie à me lever mais ne fait pas tout. Le travail de dépliage vertical se fera à la force des cuisses (Image 3). Si je compte sur l’aile pour me soulever totalement, je risque de partir comme un boulet une fois debout ou de me faire éjecter vers l’avant. Dans ce cas je me retrouve dans la seconde erreur qui est un excès de puissance.

 

Je me fais éjecter au dessus de la planche

Si je me fais éjecter c’est que la voile a trop de puissance par rapport à ma capacité à contrebalancer cette force de traction.
Il y a 3 raisons principales à cet excès de puissance :

  1. Je me suis levé en force les jambes tendues (voir paragraphes précédents)
  2. Je suis passé trop bas dans la fenêtre et j’ai un excès de puissance
  3. J’ai une voile de puissance suffisante pour me lever mais j’ai trop bordé, peut-être en m’aggripant sur la barre pour me hisser debout (lire tuto sur l’astuce pour éviter le surbordage)

Il n’est pas facile de combiner border et passage précis dans la zone d’extraction. C’est pour cela que Kite Inside a élaboré une technique en lignes courtes pour simplifier le waterstart (voir tuto ad hoc).

Pour être plus visuel nous allons examiner une séquence de waterstart ensemble.

Analyse de la séquence de photos

Image 1 : préparation du corps reculé à gauche alors que je comptais faire un waterstart pour partir à bâbord (gauche)   Image 2 : j’ai corrigé de l’angle de la planche pour le départ bâbord, ma barre n’est pas surbordée, ma voile commence à se déplacer vers la gauche en me tractant, j’en profite pour plier les genoux, elle commence à descendre pour rentrer dans l’œuf d’extraction,

Image 3 : ma voile passe au centre de l’œuf, mes genoux restent bien pliés et mon buste reste proche de la verticale voir un peu penché en avant si je suis assez souple. Je peux diriger mon regard vers l’horizon si j’ai tendance à basculer mon corps en arrière. L’aile échappe un court instant à mon regard, d’où l’intérêt de bien maitriser mon pilotage à terre pour rester en confiance pendant ce laps de temps, Image 4 : en me levant, j’ai simultanément tiré ma main arrière pour éviter à mon aile de descendre trop bas et entamer la première sinusoïde. Ici ma planche était positionnée trop au largue, ce qui fait que ma voile se retrouve dans l’axe de ma board induisant un équilibre difficile à gérer. En effet, mon aile doit tirer « latéralement » sinon il me sera difficile de m’appuyer dans le harnais et faire mordre ma carre pour utiliser l’énergie de l’aile et prendre de la vitesse. Heureusement la planche Easyboard (205 x 52 cm) développée par Laurent me permet de ne pas m’enfoncer et chuter malgré cette phase délicate,

Image 5 : j’appuie fermement sur mes talons ce qui impulse un changement de trajectoire à ma planche qui loffe. Il devient alors possible de m’appuyer dans mon harnais grâce à la traction de l’aile qui augmente et à laquelle je commence à résister, j’entame une seconde sinusoïde en faisant monter l’aile plus franchement pour qu’elle n’aille pas mourir en bord de fenêtre où elle perdrait sa puissance faute de déplacement de ma board,

Image 6 : je commence à m’asseoir dans mon harnais tout en gardant mes jambes pliées pour pouvoir modifier mes appuis au cas où, je refais plonger mon aile quand elle est arrivée à 70 ° environ et poursuis donc la phase descendante de la sinusoïde,

Image 7 : sur cette image, on peut voir que lors de la remontée de l’aile je perds de la puissance, je n’ai donc plus assez de puissance pour rester en appui dans mon harnais et je me redresse grâce à la position souple que j’avais adoptée en 6,Image 8 : après une ou deux sinusoïdes supplémentaires (il faut ça car le vent est léger et je suis en 12m), la traction de l’aile m’a permis de faire accélérer ma planche en créant du vent relatif donc de la puissance, je m’appuie alors franchement sur ma carre (on peut voir la gerbe se former), je garde mon dos redressé, ma voile commence à se caler en volant à la même vitesse que le déplacement de ma planche. Notez que si je voulais avoir un meilleur équilibre pour passer le clapot (très réduit ici), je devrais remonter un peu ma voile qui vole actuellement 20° trop bas.

N’ayez pas peur de vous mouiller, commentez 🙂

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