Régler mes lignes

La méthode Kite Inside en 3 étapes pour régler les longueurs de lignes

Tuto destiné : à tous car les lignes se dérèglent avec le temps

Lexique

 Différentiel lignes avant/lignes arrières: l’écart de longueur entre les lignes avant et arrière induit par le fait de border ou choquer son aile.

Incidence de l’aile: angle mesuré entre le vent et la corde de l’aile (voir wikipedia)

Tête d’alouette: nœud d’assemblage entre lignes et brides. D’un côté, une boucle (femelle), de l’autre un nœud d’arrêt (mâle)

Sweet point: la distance idéale entre ma barre et le chicken-loop pour naviguer dans une posture confortable

Régler une voile c’est régler le différentiel lignes avant / lignes arrière

Je dois régler le différentiel entre la longueur de mes lignes avant et la longueur de mes lignes arrière afin que l’aile vole correctement, c’est à dire qu’elle ait une incidence correcte pour bien voler. En aérodynamique, la variation d’incidence d’une aile se passe dans une fourchette de quelques degrés seulement (autour de 5° environ).

Le réglage initial doit me permettre de maintenir ma barre à une hauteur ou distance idéale (sweet point) afin:

  • d’avoir une posture dos/bras confortable,
  • de pouvoir border sans buter dans la partie haute du chicken-loop,
  • de pouvoir choquer sans que les épaules ne me tirent le dos en avant,

Les différentes ailes nécessitent une course différente pour les choquer. Certaines vont choquer sur 10 cm alors que pour d’autres cela va se passer sur plus de 20 cm. Or la marge de manœuvre n’est pas la même pour les gabarits de 190 cm que pour ceux de 150 cm. Si vous êtes petit(e)s, une voile qui choque sur une course importante devra être particulièrement bien réglée pour les conditions du jour.

La simplification marketing qui complique la compréhension

Les notices indiquent généralement comment faire un réglage standard avec sa voile en fonction du vent et ce quelque soit votre taille. Pourtant un réglage standard ça n’existe tout simplement pas. L’affirmation correcte devrait être celle-ci : les indications données sont fournies pour un gabarit de 175 cm (environ) dans un vent donné (vent fort car ce sont les riders pro qui développent le matos).

C’est alors plus compliqué à comprendre non ? Mais aussi plus honnête parce que le « sweet-point » ne sera pas positionné à la même hauteur selon:

  • la longueur de vos bras,
  • la force du vent,
  • la longueur des lignes,
  • la proximité de la boucle de harnais avec l’articulation de votre épaule (harnais culotte ou dorsal),
  • et de votre habitude de hauteur de vol (haut ou bas dans la fenêtre).

En guise de préliminaire, vérifier la longueur de ses lignes

Avant de commencer le réglage, je vérifie que mes 4 lignes sont de même longueur en les mettant en tension à partir d’un point fixe. Si ce sont des lignes d’occasion, elles auront peut-être bougé et il faudra absolument appairer les deux avants entre elles et les deux arrières entre elles. Si il n’y a pas plus de 1 cm d’écart, ce sera peu sensible. Mais si c’est plus, je vais faire ajuster le problème chez un voilier, un windshop ou un réparateur de kite…

Il peut y avoir un écart léger (3/4 cm) entre les avants et les arrières sans que ça ne compromette la réussite du réglage décrit ci-dessous.

A noter que depuis 2012, les 4 lignes sont théoriquement de même longueur. Ce qui permet de monter une barre de marque X sur une aile de marque Z. Avant cette date de production, il pouvait y avoir plusieurs dizaines de cm d’écart entre les avants et les arrières.

Etape 1 Régler le Trim les lignes avant le plus long possible (Image 1 a et 1b)

Que le trim soit sur les avants ou sur les arrières, il a la même fonction. Il sert à modifier le différentiel entre les avants et les arrières quand le vent monte. Il doit être complètement relâché pour procéder au réglage décrit ci-dessous. A l’opposé, pour les barres qui se règlent sur les arrières, les lignes arrière doivent être raccourcies (avalées) au maximum.

Etape 2 respecter ma morphologie et la longueur de mes bras (Image 1)

L’angle de confort entre le segment du bras et l’alignement de mon buste doit être d’environ 15 °. Quand ma voile est réglée ainsi, je peux tirer ou pousser mon bras confortablement pour piloter sans déplacer le haut de mon buste.

Pour tester cet angle, je dois mettre ma voile en traction en passant dans la fenêtre et en m’appuyant (comme Baptiste ici) franchement dans son harnais. En effet le sweet-point remonte dès que l’aile tracte. Tiens tiens, pourquoi donc?

L’élasticité partielle des lignes, un facteur souvent ignoré ou négligé

Si je règle mon aile au zénith en respectant les 15°, je vais me rendre compte que lorsque mon aile va traverser la fenêtre, je devrais relâcher ma barre de quelques centimètres. Cette longueur correspond en partie à l’élasticité résiduelle des lignes mais aussi à la nécessité de diminuer l’incidence de l’aile quand elle accélère et que la portance augmente.

Conclusion partielle: le réglage du sweet-point devra être un peu plus rapproché du chicken-loop si la voile n’est pas sous tension. 3 à 6 cm environ selon la longueur de fils et votre puissance. Puissance entendu comme la combinaison de votre gabarit et votre capacité à « charger » l’aile via la prise de carre.

Etape 3 Régler la longueur des lignes arrières vs longueur des avants

A ce stade il y a 3 éventualités :

  1. mes lignes arrières ne sont pas assez tendues et pour la faire tourner il faudra border exagérément la barre,
  2. mes lignes arrières sont trop tendues et je dois encore pousser ma barre pour laisser voler l’aile sans l’étouffer,
  3. la voile est parfaitement réglée du premier coup (cas rare mais top pour les veinards).

Cas 1 : mes lignes arrières sont trop détendues

Si ma voile est équipée d’une échelle à nœuds sur l’extrémité des brides arrière (Image 3), je rapproche ma tête d’alouette de l’aile et je refais le test. Si j’arrive au cas 3, j’ai gagné, à l’eau !

Cas 2 : mes lignes arrières sont trop tendues

Si ma voile est équipée d’une échelle à nœuds sur l’extrémité des brides arrières (Image 3), j’éloigne ma tête d’alouette de l’aile et je refais le test. Si j’arrive au cas 3, j’ai gagné, bonne session en vue !

Sinon je déplace la tête d’alouette d’une position supplémentaire. Mais si je suis arrivé au bout des nœuds, il me faudra rajouter une longueur de brides supplémentaire.

Le problème mâle/mâle ou femelle/femelle

Si les extrémités de mes lignes à connecter à mes brides finissent en relation « homo », ben je suis mal, mais il reste toujours des soluces.

  • Je peux faire un nœud simple pour transformer ma boucle en nœud (Image 4)
  • si j’ai deux nœuds qui se font face, je vais devoir transformer un couple de mâles en femelles. Je peux trouver en magasin des kits de connections (Image 5 puis 6) ou le fabriquer moi-même si j’en ai les compétences. Je dois impérativement respecter les résistances préconisées. Les kiteshops et les voileries aussi peuvent aussi faire ça.

Les questions sont bienvenues dans les commentaires.

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