Prégonflage et décollage d’une aile à caissons

Prégonflage et décollage d’une aile à caissons

Public concerné par ce Tuto : toute personne qui est en phase d’apprentissage d’une aile à caissons fermés. Ce tuto concerne uniquement les voiles marines pourvues de bridages et disposant de clapets sur les entrées d’air. Une petite histoire sur l’origine des ailes à caissons marines est proposée en fin de tuto pour les curieux.

Lexique

 Allongement ou AR (Aspect Ratio) ou ratio: la forme de l’aile, plus elle est fine et de grande envergure (forme banane plutôt que ballon de rugby), plus ses performances pures seront élevées mais plus elle sera technique à piloter. La formule est le carré de l’envergure divisé par la surface portante. E2/S

Formule simplifiée de l’allongement: envergure / largeur maxi.

Fermeture : l’aile bascule intégralement sur son bord d’attaque et perd sa puissance

Fermeture d’une oreille : le bord d’attaque au niveau d’une oreille du kite se ferme sous la voile

Intrados : surface du dessous de la voile qui me fait face

Extrados : surface du dessus de la voile qui regarde le ciel

 Infos préliminaires sur la sécurité des ailes à caissons

  • Exception faite de quelques modèles très spécifiques, les ailes à caissons ont moins de depower que les ailes à boudins, en particulier en centre de fenêtre. Soyez donc prudents lors des premiers vols.
  • Les ailes à caissons sont aussi plus puissantes de 30 % environ que les boudins (9 m en caisson = 12 m en boudin) sauf des cas particuliers comme la Flysurfer Viron qui a été désignée pour être très douce pour les enfants et les débutants légers.
  • Le décollage d’une aile à caisson est plus technique du fait de l’absence de rigidité (boudins gonflés) de l’aile. Prévoir plus de place sous le vent au cas où la voile se gonfle mal pendant son ascension.

Les différents types d’ailes

Les différentes ailes à boudins sont assez semblables. Si je sais piloter une aile à boudin en école, je pourrais piloter n’importe quel type d’aile à boudins sans mal. Au pire, je risque simplement de ne pas tirer la quintessence de la voile.
En revanche les différents modèles d’ailes à caissons ont des comportements en vol très dissemblables.

L’écart entre une aile à caissons d’initiation et une aile à caissons dédiée aux performances est considérable. Les ailes à caissons tournées vers la performance ont effectivement des allongements plus importants et des profils moins tolérants. Elles ont plus souvent tendance à faire des fermetures frontales, à s’emmêler où à se mettre dans des positions compliquées pour redécoller comme la « cravate ».

Les systèmes de sécurité

Les systèmes de sécurité des ailes à caisson sont variables. Certaines sont prises sur une ligne avant comme sur une aile à boudins pour mettre l’aile en drapeau, d’autres sur une 5 ème ligne qui met la voile en aile de mouette. Bien lire la notice de votre aile à caissons avant la première utilisation et tester sa sécurité dans du vent léger.

Montage Préparation

Je consulte le tuto intitulé « Les ailes à caissons : préparation au décollage et pliage » sur ce groupe pour éviter la situation de la photo 1.

Premiers décollages : en centre de fenêtre et dans un vent léger

Je découvre mon aile à caissons dans le vent léger entre 5 et 8 nœuds pour les premiers vols le temps de me familiariser avec le comportement spécifique de l’aile à caissons.

Ce qui m’évite de me faire brutalement emporter en cas de perte de contrôle de l’aile (fermeture partielle, fermeture totale, autorotation…). Mes premiers décollages se font en centre de fenêtre car c’est une technique plus simple.

Etape du prégonflage pour le décollage central

En l’absence de structure gonflable, ma voile a besoin que l’air vienne lui donner sa forme en se remplissant d’air. Des centaines de litres d’air doivent ainsi rentrer par les clapets du bord d’attaque. Comme les clapets sont peu nombreux (afin de limiter la sortie d’air), cela nécessite de réaliser un prégonflage avant de décoller l’aile.

Le plus simple est de le faire à distance. Une fois accroché à la barre, je tire mes lignes avant en saisissant le bordé choqué le plus haut possible (au niveau du trim par exemple). Ce qui fait basculer le bord d’attaque vers le haut et vers moi.
J’évite toutefois de la faire basculer sur l’intrados. Je garde les lignes avant légèrement tendues et la voile commence à se gonfler progressivement grâce à la forme arrondie que j’ai donnée à l’extrados de l’aile.

Je ne chasse surtout pas le sable du bord de chute pour l’instant. Si je ne connais pas encore bien le comportement de mon aile, j’attends qu’elle paraisse bien gonflée pour éviter les risques de fermeture lors de l’ascension pendant le gonflage final.

Les ouvertures étant au centre de la voile, les oreilles peinent à se gonfler car l’air doit traverser les intercaissons. Les oreilles finalisent souvent leur gonflage pendant la phase d’ascension visible sur la photo 3. Attendre que l’aile soit assez gonflée pour éviter la situation périlleuse de la photo 4.

Je tire un grand coup sur les avants que j’ai saisi dans la main. L’aile va monter progressivement en finalisant son gonflage.
Si les oreilles restent fermées comme sur la photo 6 et que l’aile ne monte plus, je tire les lignes arrières via la barre ou à en saisissant alternativement les 2 pré-lignes arrière, ce qui déploiera chaque oreille.

DANGER : certaines ailes à fort allongement doivent être maintenues les freins légèrement tendus pendant l’ascension pour éviter les fermetures (photos 9 et 10) suivies de réouvertures potentiellement brutales en pleine fenêtre. Ou de mise en autorotation avec perte de contrôle.

Attention au second décollage:

La puissance de l’aile est dépendante du degré de gonflage de mon aile. Il vaut mieux finaliser le gonflage pendant l’ascension, cela m’évite de me faire déplacer sur la plage. La puissance en centre de fenêtre sera nettement supérieure lorsque je piloterai la voile bien gonflée. Donc, si je pose mon aile et la redécolle 10 minutes plus tard, elle restera bien gonflée grâce a ses clapets qui empêchent l’air de sortir. Un redécollage en centre de fenêtre générera alors une puissance maximale. Dans ce cas, je choisi de redécoller en bord de fenêtre.

Décollage de l’aile en bord de fenêtre (gauche dans cette explication)

 En l’absence de structure gonflable ma voile a besoin que l’air vienne lui donner sa forme. Des centaines de litres d’air doivent rentrer par les petites ouvertures sur le bord d’attaque. Comme elles sont peu nombreuses afin de limiter la sortie d’air, cela nécessite de réaliser un prégonflage avant de décoller l’aile, un coup d’œil sur les vidéos référencées vous aidera à éviter la situation de la photo 2.  Ma voile étant montée à 90 ° du vent, ma voile est hors de ma 1/2 fenêtre gauche (1/2 fenêtre = toujours moins de 90°).

Je me déplace avec ma barre pour rentrer la voile dans la ½ fenêtre. Pendant que je me déplace je tends légèrement la ligne arrière droite. Quand je sens que l’oreille droite fait mine de se soulever, je n’insiste pas et je détends légèrement la ligne. C’est le signe que je commence à être bien placé.

Il est plus prudent alors de faire encore rentrer la voile dans la fenêtre pour éviter que l’oreille basse ne se ferme comme sur la photo 7. Le risque étant que la fermeture de l’oreille contamine tout le bord d’attaque de la voile, en particulier avec une voile à fort allongement comme sur la photo 8.

J’attache mon leash d’aile et mon chicken-loop et je continue à me déplacer tout en tirant de plus en plus la ligne arrière. Quand une bonne partie de l’oreille s’est levée, je reprends ma barre avec les deux mains et je borde légèrement la barre. La voile va décoller.
Attention : si je ne borde pas la barre, l’oreille basse risque de se fermer.

Puis-je utiliser une aile à caisson pour faire mes premiers waterstarts ?

La puissance des ailes à caissons est plus régulière qu’avec une aile à boudins, c’est un atout pour un débutant. Kite Inside utilise des ailes à caissons dans les vents légers en école. Alors oui, il est possible de débuter avec une aile à caissons. Mais il est impératif de bien la maitriser au sol avant d’aller dans l’eau et d’apprendre à la redécoller. Ce n’est pas au large qu’il faudra découvrir le redécollage.

De plus, il faut tester toutes les configurations possibles pour comprendre les différentes techniques de redécollage. Et il faut apprendre les procédures d’auto-sauvetage  pour rentrer au bord dans le cas où la voile ne redécollerait pas.
Si ces conditions préalables sont remplies, il est possible de tirer ses premiers bords avec une aile à caisson comme les Flysurfer Viron ou les Kitech FRS.

 Les différents types de voiles à caissons sur le marché en Mai 2020

  • la voile à caissons redécollable la plus accessible à ce jour est la Flysurfer Viron. Mais ses performances à la remontée au vent sont faibles et cette aile a été développée et ne convient que pour les poids légers de moins de 60 kg en kitesurf.
  • les voiles à ratio modéré ne sont pas légion, mais on peut espérer que l’offre s’étende dans les années à venir : Kitech FRS, Flysurfer Soul, Ozone Hyperlink, Concept’Air Wave, Peter Lynn Nova…
  • le créneau des ailes performantes à haut ratio destinées à la compétition et à ceux qui cherchent la performance est très fourni. N’achetez pas ce type d’aile d’occasion sans les avoir essayées au préalable, vous risqueriez de (très) grosses déceptions.

 Sources et vidéos à consulter

https://fr.wikipedia.org/wiki/Allongement_(a%C3%A9ronautique)

https://www.youtube.com/watch?v=k8yXmMnAs5g
https://www.youtube.com/watch?v=e2Gmw82Xlk8

https://www.youtube.com/watch?v=_1rMcW_aiI8

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